gb-1839-01-29-02
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Leipzig, 29. Januar 1839
Maschinenlesbare Übertragung der vollständigen Korrespondenz Felix Mendelssohn Bartholdys (FMB-C)
1 Doppelbl.: S. 1-3 Brieftext; S. 4 leer. Der Brief ist vollständig in lateinischen Buchstaben geschrieben.
Salvador Morhange
Green Books
Felix Mendelssohn Bartholdy Correspondence Online-Ausgabe FMB-C: Digitale Edition der vollständigen Korrespondenz Hin- und Gegenbriefe Felix Mendelssohn Bartholdys auf XML-TEI-Basis.
Die Felix Mendelssohn Bartholdy Correspondence Online-Ausgabe FMB-C ediert die Gesamtkorrespondenz des Komponisten Felix Mendelssohn Bartholdy 1809-1847 in Form einer digitalen, wissenschaftlich-kritischen Online-Ausgabe. Sie bietet neben der diplomatischen Wiedergabe der rund 6.000 Briefe Mendelssohns erstmals auch eine Gesamtausgabe der über 7.200 Briefe an den Komponisten sowie einen textkritischen, inhalts- und kontexterschließenden Kommentar aller Briefe. Sie wird ergänzt durch eine Personen- und Werkdatenbank, eine Lebenschronologie Mendelssohns, zahlreicher Register der Briefe, Werke, Orte und Körperschaften sowie weitere Verzeichnisse. Philologisches Konzept, Philologische FMB-C-Editionsrichtlinien: Uta Wald, Dr. Ulrich Taschow. Digitales Konzept, Digitale FMB-C-Editionsrichtlinien: Dr. Ulrich Taschow. Technische Konzeption der Felix Mendelssohn Bartholdy Correspondence FMB-C Ausgabe und Webdesign: Dr. Ulrich Taschow.
Je vous demande mille pardons de la liberté que je prends de vous adresser ces quelques lignes; je suis encore sous le charme de la soirée d’hier, et je ne puis résister au désir de vous exprimer l’admiration que vous m’avez inspirée. Habitué aux hommages, le mien n’aura peut-être à vos yeux que bien peu de valeur, mais, soyez persuadé, Monsieur, qu’il est des plus vrais; des plus sincères, sinon des plus précieux.
Je suis venu en Allemagne dans le but de m’échauffer aux rayons de son génie, dans le but de voir de près ce que je n’avais admiré encore que de loin, et d’apprécier dans son mouvement organique et pratique un pays qui mérite bien d’être étudié à sa source. J’ai choisi
Je ne suis pas artiste, Monsieur, je ne suis qu’un pauvre profane, mais mon âme est accessible à l’impression du beau que je juge, non pas systématiquement, non d’après les strictes règles de l’esthétique, mais au critérium du sentiment. Que ceci me serve d’excuse à vos yeux, si je me permets de vous dire en quelques mots ce que j’ai éprouvé hier, à l’audition de votre
Cette oeuvre m’a semblé une magnifique épopée où vous avez déposé tout ce que votre âme contenait d’amour, de parfum, de poésie. Cette musique a quelque chose d’idéal qui frappe l’imagination et subjugue le coeur. Je croyais entendre la harpe d’Ossian, ou relire le
Pardonnez-moi, Monsieur, cette longue lettre; je désirais vivement trouver l’occasion de vous exprimer la franche admiration que je professe pour votre beau talent; cette occasion s’est présentée, j’en profite avec empressement: c’est en même temps m’acquitter d’une dette envers votre illustre aïeul, pour les jouissances que m’ont procurées ses écrits.
Monsieur,
Je vous demande mille pardons de la liberté que je prends de vous adresser ces quelques lignes; je suis encore sous le charme de la soirée d’hier, et je ne puis résister au désir de vous exprimer l’admiration que vous m’avez inspirée. Habitué aux hommages, le mien n’aura peut-être à vos yeux que bien peu de valeur, mais, soyez persuadé, Monsieur, qu’il est des plus vrais; des plus sincères, sinon des plus précieux.
Je suis venu en Allemagne dans le but de m’échauffer aux rayons de son génie, dans le but de voir de près ce que je n’avais admiré encore que de loin, et d’apprécier dans son mouvement organique et pratique un pays qui mérite bien d’être étudié à sa source. J’ai choisi Leipzig, et, vous le dirai-je, Monsieur? ce qui a principalement contribué à me faire donner la préférence à cette ville, c’est l’espoir de vous y entendre, de vous y voir diriger cet orchestre dont l’excellence, grâce à votre habileté, est devenue célèbre. Cette jouissance, je l’ai goûtée hier dans toute sa plénitude. Que vous êtes heureux, Monsieur, d’exercer sur la foule de vos auditeurs une si douce influence! J’ai eu l’occasion d’entendre bien des artistes distingués. Thalberg m’a étonné par son exécution merveilleuse, excentrique, froidement impétueuse, par ses élans vigoureux, mais calculés; – Herz m’a charmé par son jeu facile et gracieux; – l’archet d’Ole-Bull m’a touché par ses accords empreints d’une fleur de poésie touchante et virginale; – La voix de Nourrit m’a ému par ses accents suaves, par son expression pleine de charme; mais dans la magique impression qu’a produite sur moi la soirée d’hier, dont vous étiez le héros, se trouvent résumés tous ces sentiments à la fois. Vous m’avez initié aux beautés si simples, si naïves, si pures et si grandioses de Beethoven. Alexandre doit avoir répandu des larmes de ce qu’il n’avait pas, comme Achille, un Homère pour chanter ses victoires; – Beethoven, s’il pouvait revivre, pleurerait aussi, – mais d’attendrissement, – d’avoir trouvé en vous un si digne interprète de son génie.
Je ne suis pas artiste, Monsieur, je ne suis qu’un pauvre profane, mais mon âme est accessible à l’impression du beau que je juge, non pas systématiquement, non d’après les strictes règles de l’esthétique, mais au critérium du sentiment. Que ceci me serve d’excuse à vos yeux, si je me permets de vous dire en quelques mots ce que j’ai éprouvé hier, à l’audition de votre ouverture zum Sommernachtstraum .
Cette oeuvre m’a semblé une magnifique épopée où vous avez déposé tout ce que votre âme contenait d’amour, de parfum, de poésie. Cette musique a quelque chose d’idéal qui frappe l’imagination et subjugue le coeur. Je croyais entendre la harpe d’Ossian, ou relire le cinquième chant de l’Inferno, où Francesca da Rimini dit:
La bocca mi baciò tutto tremante; je croyais être transporté au sein des jardins d’Armide; je voyais se mouvoir à mes yeux les figures créées par Schiller et Shakespeare. Mais pour apprécier dignement une telle oeuvre, pour en comprendre la savante instrumentation, une seule audition est insuffisante: il faut l’entendre de nouveau, l’entendre souvent, l’entendre toujours. S’il est vrai, comme je l’ai lu quelque part, que vous soyez le Pygmalion auquel le groupe du Laocoon devra un jour la vie et le mouvement, je ne saurais qu’applaudir à cette idée ingénieuse, avec tous les amis de l’art. Cette tâche serait belle et digne de celui qui doit la remplir.
Pardonnez-moi, Monsieur, cette longue lettre; je désirais vivement trouver l’occasion de vous exprimer la franche admiration que je professe pour votre beau talent; cette occasion s’est présentée, j’en profite avec empressement: c’est en même temps m’acquitter d’une dette envers votre illustre aïeul, pour les jouissances que m’ont procurées ses écrits.
Agréez, Monsieur, je vous prie, l’assurance de ma haute considération. Salvador Morhange
Représentant de la maison Méline Cans & Cie de Bruxelles.
Allgemeine Niederländische Buchhandlung, Neuer Neumarkt.
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Sie bietet neben der diplomatischen Wiedergabe der rund 6.000 Briefe Mendelssohns erstmals auch eine Gesamtausgabe der über 7.200 Briefe an den Komponisten sowie einen textkritischen, inhalts- und kontexterschließenden Kommentar aller Briefe. Sie wird ergänzt durch eine Personen- und Werkdatenbank, eine Lebenschronologie Mendelssohns, zahlreicher Register der Briefe, Werke, Orte und Körperschaften sowie weitere Verzeichnisse. Philologisches Konzept, Philologische FMB-C-Editionsrichtlinien: Uta Wald, Dr. Ulrich Taschow. Digitales Konzept, Digitale FMB-C-Editionsrichtlinien: Dr. Ulrich Taschow. Technische Konzeption der Felix Mendelssohn Bartholdy Correspondence FMB-C Ausgabe und Webdesign: Dr. Ulrich Taschow.</p></editorialDecl></encodingDesc> <profileDesc> <creation><date cert="high" when="1839-01-29" xml:id="date_907baf99-cccc-45ac-9632-d820f582a24a">29. 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J’ai choisi <placeName xml:id="placeName_9ad8f1ee-0370-46bb-85fb-494cecf273c6">Leipzig<settlement key="STM0100116" style="hidden" type="locality">Leipzig</settlement><country style="hidden">Deutschland</country></placeName>, et, vous le dirai-je, Monsieur? ce qui a principalement contribué à me faire donner la préférence à cette ville, c’est l’espoir de vous y entendre, de vous y voir diriger cet <placeName xml:id="placeName_515f5c2c-9d07-41b0-a673-626c70c4f62c">orchestre<name key="NST0100494" style="hidden" subtype="Orchester" type="institution">Gewandhaus</name><settlement key="STM0100116" style="hidden" type="locality">Leipzig</settlement><country style="hidden">Deutschland</country></placeName> dont l’excellence, grâce à votre habileté, est devenue célèbre. Cette jouissance, je l’ai goûtée <date cert="high" when="1839-01-28" xml:id="date_ac23c8e1-fed5-47c9-971e-153f3fb2387e">hier</date> dans toute sa plénitude. 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Vous m’avez initié aux beautés si simples, si naïves, si pures et si grandioses de <persName xml:id="persName_38735bf8-2737-4ec1-9d56-9cf8daf2ed04">Beethoven<name key="PSN0109771" style="hidden" type="person">Beethoven, Ludwig van (1770-1827)</name></persName>. Alexandre<note resp="FMBC" style="hidden" type="single_place_comment" xml:id="note_8de98c14-6e96-45f2-b407-34a580ed7e63" xml:lang="fr">Alexandre – Alexander der Große, auch Alexander III. von Makedonien, (geb. 20. Juli 356 v. Chr. in Pella; gest. 10. Juni 323 v. Chr. in Babylon) war von 336 v. Chr. bis zu seinem Tod König von Makedonien und Hegemon des Korinthischen Bundes.</note> doit avoir répandu des larmes de ce qu’il n’avait pas, comme Achille,<note resp="FMBC" style="hidden" type="single_place_comment" xml:id="note_bfd109d1-470f-4305-9281-4666f76cf6ff" xml:lang="fr">Achille – Achilleus ist in der griechischen Mythologie ein Heros der Griechen (Achäer) vor Troja und der Hauptheld der Ilias des Homer.</note> un <persName xml:id="persName_0aff94ea-3b2e-408a-a2ce-430a49bfbfcc">Homère<name key="PSN0112080" style="hidden" type="person">Homer</name></persName> pour chanter ses victoires; – Beethoven, s’il pouvait revivre, pleurerait aussi, – mais d’attendrissement, – d’avoir trouvé en vous un si digne interprète de son génie.</p> <p>Je ne suis pas artiste, Monsieur, je ne suis qu’un pauvre profane, mais mon âme est accessible à l’impression du beau que je juge, non pas systématiquement, non d’après les strictes règles de l’esthétique, mais au critérium du sentiment. 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Diese Gesänge des Ossian hat jedoch der Schotte James Macpherson (1736-1796) geschrieben.</note> ou relire le<title xml:id="title_aa822ea8-10a7-453e-98ef-4d115184e860"> cinquième chant de l’Inferno<name key="PSN0110552" style="hidden" type="author">Dante Alighieri (1265–1321)</name><name key="CRT0108502" style="hidden" type="literature">Divina Commedia (Die Göttliche Komödie)</name></title>, où <persName xml:id="persName_5647834b-0e03-4a14-8032-d8353e1010e6">Francesca da Rimini<name key="PSN0117964" style="hidden" type="person">Rimini, Francesca da (1255-1285)</name></persName> dit: </p> <p><foreign xml:id="foreign_c4b2ff63-b3ca-4204-8042-095ec005d8fb" xml:lang="it">La bocca mi baciò tutto tremante</foreign>;<note resp="FMBC" style="hidden" type="single_place_comment" xml:id="note_fe0e73d1-e4eb-4850-8003-b42333928010" xml:lang="fr">La bocca mi bacio tutto tremante – Dante Alighieri, La Divina Commedia, Inferno, canto V, v. 136: la bocca mi baciò tutto tremante. </note><note resp="FMBC" style="hidden" type="translation" xml:id="note_b7134627-eb79-4f61-b1a4-16f9c4f78077" xml:lang="it">La bocca mi bacio tutto tremante – ital. la bocca mi baciò tutto tremante, da küßte zitternd meinen Mund auch er.</note><seg type="pagebreak"> |3|<pb n="3" type="pagebreak"></pb></seg> je croyais être transporté au sein des jardins d’Armide;<note resp="FMBC" style="hidden" type="single_place_comment" xml:id="note_14402b95-f3a5-484f-b90e-f07794a4cafc" xml:lang="fr">Armide – Armida ist ein auf dem 1575 entstandenen Epos La Gerusalemme liberata von Torquato Tasso beruhendes Opernsujet, das besonders im 18. und frühen 19. Jahrhundert beliebt war. Hauptfigur ist die Zauberin Armida, die durch ihre magischen Kräfte den Kreuzritter Rinaldo auf ihrer Insel gefangenhält.</note> je voyais se mouvoir à mes yeux les figures créées par <persName xml:id="persName_1d63a174-7504-4b91-90cb-954c3d29a054">Schiller<name key="PSN0114545" style="hidden" type="person">Schiller, Johann Christoph Friedrich (seit 1802) von (1759-1805)</name></persName> et <persName xml:id="persName_958174ae-143f-4109-85f6-07cf9382deca">Shakespeare<name key="PSN0114889" style="hidden" type="person">Shakespeare, William (1564-1616)</name></persName>. Mais pour apprécier dignement une telle oeuvre, pour en comprendre la savante instrumentation, une seule audition est insuffisante: il faut l’entendre de nouveau, l’entendre souvent, l’entendre toujours. S’il est vrai, comme je l’ai lu quelque part, que vous soyez le Pygmalion<note resp="FMBC" style="hidden" type="single_place_comment" xml:id="note_97079c5d-5f1a-4e96-b270-774f3fc75eb9" xml:lang="fr">Pygmalion – bezieht sich auf die antike Sage von Pygmalion und der Statue (Philostephanos, 3. Jahrhundert v. Chr.), in der sich Pygmalion als König von Zypern in eine elfenbeinerne Statue der Aphrodite verliebt und Geschlechtsverkehr mit ihr hat.</note> auquel le groupe du Laocoon<note resp="FMBC" style="hidden" type="single_place_comment" xml:id="note_fc11df48-5a7a-437c-9976-e40a71675e5f" xml:lang="fr">le groupe du Laocoon – Die Laokoon-Gruppe der Vatikanischen Museen ist die bedeutendste Darstellung des Todeskampfs Laokoons und seiner Söhne in der bildenden Kunst. </note> devra un jour la vie et le mouvement, je ne saurais qu’applaudir à cette idée ingénieuse, avec tous les amis de l’art. Cette tâche serait belle et digne de celui qui doit la remplir.</p> <p>Pardonnez-moi, Monsieur, cette longue lettre; je désirais vivement trouver l’occasion de vous exprimer la franche admiration que je professe pour votre beau talent; cette occasion s’est présentée, j’en profite avec empressement: c’est en même temps m’acquitter d’une dette envers votre illustre aïeul, pour les jouissances que m’ont procurées ses écrits.</p> <closer rend="left">Agréez, Monsieur, je vous prie, l’assurance de ma haute considération.</closer> <signed rend="right">Salvador Morhange</signed> <signed rend="left">Représentant de la maison <persName xml:id="persName_850a0dad-a069-4bf9-9911-39cf395ce000">Méline Cans & Cie<name key="PSN0113199" style="hidden" type="person">Méline, Cans & Cie., Verlagshaus in Brüssel</name></persName> de <placeName xml:id="placeName_34151079-7189-415e-a41f-fdb2539b0c66">Bruxelles<settlement key="STM0100602" style="hidden" type="locality">Brüssel (Bruxelles)</settlement><country style="hidden">Belgien</country></placeName>.</signed> <signed rend="left"><persName xml:id="persName_4f487286-3d72-4c2e-ab8c-244066f8a8a3">Allgemeine Niederländische Buchhandlung<name key="PSN0119763" style="hidden" type="person">Allgemeine Niederländische Buchhandlung, in Leipzig</name></persName>, <placeName xml:id="placeName_97be4ff4-71a6-4f14-929f-2efd4d459e6d">Neuer Neumarkt<settlement key="STM0100116" style="hidden" type="locality">Leipzig</settlement><country style="hidden">Deutschland</country></placeName>.<note resp="FMBC" style="hidden" type="single_place_comment" xml:id="note_a36ea4a5-55de-4d1d-a4b2-11dd8e9fbf68" xml:lang="de">Allgemeine Niederländische Buchhandlung, Neuer Neumarkt – Buchhandlung in Leipzig am Neuen Neumarkt.</note><note resp="FMBC" style="hidden" type="translation" xml:id="note_a68f0a2c-31d9-4cf5-bb64-100e6e51ca7e" xml:lang="fr">Mein Herr, / ich bitte Sie tausendmal um Verzeihung für die Freiheit, die ich mir nehme, diese wenigen Zeilen an Sie zu richten. Ich stehe noch unter dem Zauber des gestrigen Abends und kann dem Wunsch nicht widerstehen, Ihnen die Bewunderung auszudrücken, die Sie mir eingeflößt haben. An Huldigungen gewöhnt, wird die meine in Ihren Augen vielleicht nur sehr geringen Wert haben; aber seien Sie überzeugt, mein Herr, dass sie zu den wahrsten, zu den aufrichtigsten gehört, wenn nicht zu den kostbarsten. / Ich bin nach Deutschland gekommen, um mich an den Strahlen seines Genies zu erwärmen, um aus der Nähe zu sehen, was ich bisher nur aus der Ferne bewundert hatte, und um in seiner organischen und praktischen Bewegung ein Land zu würdigen, das es sehr verdient, an seiner Quelle studiert zu werden. Ich habe Leipzig gewählt; und soll ich es Ihnen sagen, mein Herr? Was hauptsächlich dazu beigetragen hat, mich dieser Stadt den Vorzug geben zu lassen, war die Hoffnung, Sie dort zu hören, Sie dort dieses Orchester dirigieren zu sehen, dessen Vortrefflichkeit dank Ihrer Geschicklichkeit berühmt geworden ist. / Diesen Genuss habe ich gestern in seiner ganzen Fülle gekostet. Wie glücklich sind Sie, mein Herr, auf die Menge Ihrer Zuhörer einen so sanften Einfluss auszuüben! Ich hatte Gelegenheit, viele ausgezeichnete Künstler zu hören. Thalberg hat mich durch seine wunderbare, exzentrische, kalt ungestüme Ausführung erstaunt, durch seine kräftigen, aber berechneten Schwünge; Herz hat mich durch sein leichtes und anmutiges Spiel bezaubert; Ole Bulls Bogen hat mich durch seine von einer rührenden und jungfräulichen Blüte der Poesie erfüllten Klänge berührt; Nourrits Stimme hat mich durch ihre milden Akzente, durch ihren Ausdruck voll Anmut bewegt. Aber in dem magischen Eindruck, den der gestrige Abend, dessen Held Sie waren, auf mich gemacht hat, finden sich alle diese Empfindungen zugleich zusammengefasst. / Sie haben mich in die so einfachen, so naiven, so reinen und so grandiosen Schönheiten Beethovens eingeweiht. Alexander muss Tränen darüber vergossen haben, dass er nicht, wie Achilles, einen Homer hatte, um seine Siege zu besingen; Beethoven, wenn er wieder aufleben könnte, würde ebenfalls weinen — aber vor Rührung —, in Ihnen einen so würdigen Interpreten seines Genies gefunden zu haben. / Ich bin kein Künstler, mein Herr, ich bin nur ein armer Profaner; aber meine Seele ist dem Eindruck des Schönen zugänglich, das ich nicht systematisch beurteile, nicht nach den strengen Regeln der Ästhetik, sondern nach dem Kriterium des Gefühls. Möge dies in Ihren Augen als Entschuldigung dienen, wenn ich mir erlaube, Ihnen mit wenigen Worten zu sagen, was ich gestern beim Hören Ihrer Ouvertüre zum Sommernachtstraum empfunden habe. / Dieses Werk erschien mir wie eine herrliche Epopöe, in die Sie alles gelegt haben, was Ihre Seele an Liebe, Duft und Poesie enthielt. Diese Musik hat etwas Ideales, das die Einbildungskraft trifft und das Herz überwältigt. Ich glaubte, die Harfe Ossians zu hören oder den fünften Gesang des Inferno wiederzulesen, wo Francesca da Rimini sagt: La bocca mi baciò tutto tremante; ich glaubte, in die Gärten Armidas versetzt zu sein; ich sah vor meinen Augen die von Schiller und Shakespeare geschaffenen Gestalten sich bewegen. / Aber um ein solches Werk würdig zu schätzen, um seine kunstvolle Instrumentation zu verstehen, genügt ein einmaliges Hören nicht: Man muss es von Neuem hören, es oft hören, es immer hören. Wenn es wahr ist, wie ich irgendwo gelesen habe, dass Sie der Pygmalion sind, dem die Laokoon-Gruppe eines Tages Leben und Bewegung verdanken soll, so kann ich dieser geistvollen Idee nur mit allen Freunden der Kunst Beifall zollen. Diese Aufgabe wäre schön und dessen würdig, der sie erfüllen soll. / Verzeihen Sie mir, mein Herr, diesen langen Brief. Ich wünschte lebhaft, eine Gelegenheit zu finden, Ihnen die offene Bewunderung auszudrücken, die ich für Ihr schönes Talent hege. Diese Gelegenheit hat sich geboten, und ich ergreife sie mit Eifer. Zugleich tilge ich damit eine Schuld gegenüber Ihrem berühmten Ahnherrn für die Genüsse, die mir seine Schriften verschafft haben. / Nehmen Sie, mein Herr, ich bitte Sie, die Versicherung meiner hohen Achtung entgegen. / Salvador Morhange / Vertreter des Hauses Méline, Cans & Cie in Brüssel / Allgemeine Niederländische Buchhandlung, Neuer Neumarkt.</note></signed> </div> </body> </text></TEI>